juillet 30, 2017 3:38

Publié par Gaelle Alban

Massada-ANMATION

Massada vaut d’être vue. Ce site tire son nom de l’hébreu  מצדה, metsada “forteresse”. Constitué de plusieurs palais et fortfications antiques, il trône majestueusement au sommet d’une montagne isolée sur la pente est du désert de Judée. 

Dans un précédent article, je vous avais parlé d’Eilat. Ville qui m’a séduite, comme Jérusalem qui fera l’objet d’un reportage sur le site. Un article sera également consacré au Mine du Roi Salomon et à divers lieux visités qui valent le détour. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le mont  Massada, situé à la bordure orientale du désert de Judée. Sa situation à proximité du littoral de la mer Morte, entre Sodome et Ein Guedi, en fait un lieu particulier. Mieux, le mont se trouve sur la route qui traversait le centre du désert de Judée et menait vers le sud du pays de Moab. Elle se situe aussi sur la voie qui relie l’Idumée, Moab et l’Arasa à Ein Guedi et à Jrusalem. Ce sont ces retranchements naturels qui lui ont conféré ces avantages de lieu fortifié à l’époque du second Temple.

Massada imposante et mystérieuses cité

Massada vue d'avion

Massada vue d’avion © Office du Tourisme d’Israël

Quand je suis arrivée à Massada, la première chose que j’ai remarqué, ce sont les falaises. Celles situées du côté est, surplombent la mer Morte de 450 mètres. Les autres orientées  à l’ouest atteignent une hauteur d’environ 100 mètres. Bien que ces hauteur ne soient pas importantes, leur accès est difficile. Si vous êtes des bons marcheurs, vous pouvez arriver au sommet par le Sentier de la Serpentine ou celui du remblai. Personnellement, j’ai préféré le téléphérique… comme mes consoeurs. Une fois sur la plateforme, la vue à 360° est époustouflante. Un vrai régal pour les yeux.

Vue de Massada sur le mur du Hall d'entrée

Vue de Massada sur le mur du Hall d’entrée

Comme le plateau est plat, s’y promener est agréable. Il a la forme d’un triangle d’environ 600 mètres de long sur 300 mètres de large. Ce qui est intéressant à voir, c’est le rempart orné de nombreuses tours. Lui bénéficie d’une longueur de 1 400 mètres et d’une épaisseur de 4 mètres. Voici bien des années, il servait à protéger le plateau. Des fouilles ont permis de découvrir que cette forteresse comprenait des entrepôts et des citernes alimentées par l’eau de pluie. Le système de “rigoles” amenant cette eau dans les citernes était très ingénieux. Il y avait également des casernes, des palais et une armurerie. Trois chemins, étroits et sinueux, s’élevaient jusqu’aux portes fortifiées.

Les conquêtes de Massada

Ruines de Massada

Une petite partie des ruines de Massada

Massada fut une simple garnison fortifiée et agencée par les premiers princes hasmonéens. Selon Flavius Josèphe, un historien juif du Premier siècle, Hérode le Grand organisa la forteresse en trois phases successives de travaux. Ces derniers se déroulèrent entre 37 et 15 av. J.-C. Massada devait servir de refuge lors d’éventuelles révoltes intérieures et menaces d’une invasion égyptienne. En fait, Hérode a construit Massada comme un complexe de “palais-forteresse” de style romain oriental. En 66, quand la Grande Révolte contre les Romains a commencée, les Sicaires* prirent Massada à la garnison romaine. En 70, ils furent rejoints par d’autres Juifs et leurs familles expulsés de Jérusalem par les Romains. Pendant les trois années suivantes, ils utilisèrent Massada comme base pour se défendre contre ces derniers. Les camps, les fortifications et le remblai d’assaut établis au pied de Massada constituent le complexe de siège romaine plus complexe conservé jusqu’à aujourd’hui.
*un groupe de rebelles juifs du parti nommé zélotes.

Massada et la vengeance des Romains

Vue sur le désert

La ténacité des Romains est bien connue. Il suffit de se reporter à nos livres d’histoires pour le constater. Ce sont des conquérants qui n’aiment pas perdre. Quand ils sont battus, ils reviennent plus décidé que jamais à s’imposer. C’est ce qui est arrivé en 72 avec Lucius Flavius Silva*. Ce légat marcha sur Massada avec la Légion X Fretensis et 6 cohortes auxiliaires pour faire le siège de la forteresse. Ne manquant pas d’imagination pour parvenir au sommet du piton rocheux, il fit construire un mur d’encerclement par ses légionnaires. Ce dernier ne suffisant pas, il y ajouta une rampe de 100 m de haut adossée à la face ouest du plateau. Un exploit technique hors du commun pour l’époque. Pour que les Sicaires ne tentent rien contre eux, le rusé Flavius engagea des prisonniers hébreux pour la construction. Effectivement, ne pouvant pas se résoudre à tuer leurs frères, les Sicaires restèrent passif. La rampe fut achevée au printemps 73 après sept mois de siège. Grâce à cette ingénieuse rampe, les Romains enfonèrent la muraille de la forteresse avec un bélier monté sur une tour mobile. Ne voulant pas être fait prisonniers, les Sicaires et les juifs qui vivaient dans la forteresse ont préféré recourir à un suicide collectif. Seules deux femmes qui s’étaient cachée dans une citerne avec leurs cinq enfants ont survécu. Ce furent elles qui racontèrent l’histoire à Flavius Josèphe
*le général commandant l’armée romaine de Judée.

Massada : un lieu culte

Sol d'une des maisons

On voit encore les mosaïque sur le sol des maisons

Flavius Josèphe* a relaté le récit rapporté par ces deux survivantes. “Dirigés par Eleazar ben Yaïr, les défenseurs – presque un millier d’hommes, de femmes et d’enfants – décidèrent de brûler la forteresse et de se suicider plutôt que d’être pris vivants. Et les Romains virent la multitude des cadavres, mais ne purent y prendre plaisir, puisque la mort avait été administrée par leurs ennemis. Ils ne purent qu’admirer le courage de cette résolution, et ce dédain de la mort que leurs ennemis avaient manifesté en si grand nombre, écrit Flavius Josèphe. Ce récit héroïque attira dans le désert de Judée de nombreux explorateurs cherchant à localiser les vestiges de la forteresse. Le site fut identifié dès 1842, mais des fouilles d’envergure ne furent organisées qu’en 1963-65, avec l’aide enthousiaste de centaines de volontaires, venus d’Israël et de nombreux pays étrangers, désireux de participer à cette passionnante aventure archéologique. Pour eux comme pour le public israélien, Massada symbolise la volonté du peuple juif de vivre libre sur sa propre terre.” Avec l’émergence du sionisme à l’ère moderne, Massada s’est transformée en symbole national de l’indépendance juive.
*historien juif.

Poteries exposées dans le hall d'entrée

Cette année, les fouilles ont repris à Massada. Cela faisait dix ans qu’elles étaient interrompues. Quelle merveilleuse nouvelles de savoir que des archéologues peuvent de nouveau mettre à jour les vestiges de cette cité qui est loin d’avoir livré tous ses souvenirs et mystères. Les fouilles ont été menées par l’université de Tel-Aviv sous l’égide de l’archéologue Guy Striebel. Les experts avaient pour mission d’étudier les logements des rebelles juifs et les jardins d’érode. Le site a été classé Patrimoine Mondiale de l’Unesco en 2001. La branche culturelle des Nations Unie (UNESCO) avait classé Massada dans sa liste des sites du patrimoine de l’humanité. Les raisons invoquées pour cette classification dures : la beauté majestueuse, son importance de symbole de l’ancien royaume d’Israël et sa destruction brutale. Et également parce que Massada fut la dernière poche de résistance des patriotes juifs face à l’armée romaine. Nous étions trois journalistes féminines à ce voyage de presse et nous avons vraiment adoré Massada. Lors de notre visite, nous avons appris que les impressionnantes ruines de Massada correspondent à l’un des touristiques les plus visités d’Israël. Il faut reconnaître qu’elles le méritent.

Massada et la science

Un partie de l'équipe en charge du laboratoire et Jo Klei

Un laboratoire archéologique a été ouvert sur le site de Massada. Les recherches ne concernent pas seulement les fouilles du site. Elle s’étendent à la cosmétologie, à la céramique et à bien d’autres problématiques passionnantes. Nous avons eu le plaisir de faire la connaissance de SHIR, une jeune chercheuse qui prépare son doctorat.  Le centre venait juste d’ouvrir en Février dernier quand nous y sommes allés en voyage de presse.

SHIR, une jeune chercheuse qui prépare son doctorat

SHIR, une jeune chercheuse qui prépare son doctorat

Les archéologues ont du pain sur la planche du fait qu’une important partie du matériel historiques située au sommet de la montagne reste à découvrir. Sans oublier les campements de l’ancienne armée romaine répartis autour de la forteresse très peu étudiés. Lors des fouilles qui se sont déroulées entre 1963 et 1965 sous la direction de Yigal Yadin*, les scientifiques n’ont creusé qu’une petite partie du site. Comme le climat désertique sec a permis la préservation des fresques élégantes et des restes organiques appartenant aux rebelles juifs qui se sont cachés sur la montagne. « Notre intention est d’explorer plus en avant une mystérieuse structure souterraine qui a été détectée dans les premières photographies aériennes du site », en 1924, a déclaré Stiebel dans un communiqué.
*ancien chef d’Etat-major de l’armée israélienne et archéologue.

Les points forts de la Forteresse

Hall d'entrée de Massada

Hall d’entrée de Massada

La carrière qui fournissait les matériaux nécessaires à la construction des bâtiments d’Hérode.
Les bureaux du commandant dédiés à la surveillance des arrivants et des marchandises.
Le Palais Nord, perle architecturale de Massada, est un des plus prestigieux édifices construit par Hérode. Construit sur trois degrés rocheux de près de trente mètres, il comporte d’impressionnant murs de soutènement.
La terrasse supérieure qui laisse apparaître de beaux vestiges de l’époque.
Les bains qui font partie intégrante des la vie des romains.
Le réseau d’adduction d’eau.
La synagogue.
Le Colombarium
L’Eglise byzantine etc
De nombreux autres emplacements sont à voir.

Notre séjour en Israël

Jo Klein et des oiseaux qui viennent manger dans sa main.

Jo Klein et des oiseaux qui viennent manger dans sa main.

Un grand merci à Jo Klein, notre guide, pour son passionnant récit qui nous a permis de découvrir Massada d’une manière historique et ludique.
Jo est une source inépuisable d’informations sur son pays et sur tous les lieux qu’il nous a fait visiter.
Sa maitrise de la langue française fut particulièrement appréciable. Sa gentillesse et sa disponibilité furent également un atout lors de séjour.
Un voyage de presse qui se déroule dans des conditions optimales est un vrai bonheur pour les journalistes.
J’ai également apprécié mes deux consoeurs (Valérie et Sandra) qui étaient de vraies professionnelles.

Pour avoir les informations relatives à Israël :
Office du Tourismehttp://tourisme.otisrael.com

A lire également sur Dynamic Seniorshttp://dynamic-seniors.eu/un-ecrin-dedie-aux-insectes/

Classés dans :

SUR LE MEME THEME

Panama

samedi, septembre 16, 2017

Panama : un mélange de modernité et de traditions

Si le Panama fut célèbre en tant que Paradis Fiscal, ce temps est révolu. Maintenant, le pays veut se faire connaître pour développer le tourisme. Version business, pas de problème, tout fonctionne. La ville de Panama compte de nombreux gratte-ciels, des  hôtels de luxe et dégage une atmosphère branchée. On se croirait à New-York, Tokyo […]

En savoir plus

Festival de la randonnée

lundi, septembre 4, 2017

Festival de la randonnée d’automne à Guernesey

Après le festival de printemps, voici celui de l’automne, toutes les saisons se déclinent autour de la randonnée à Guernesey. Ainsi, pendant 16 prochains jours, ce sont plus de 50 promenades guidées qui sont proposées pour découvrir l’archipel de Guernesey.

En savoir plus

Les-mines-du-Roi-Salomon-

mardi, août 29, 2017

Les mines du Roi Salomon au Parc Timna

Les mines du Roi Salomon, selon la légende, regorgeaient d’or et de diamant. Lors de la visite, nous avons appris qu’en fait, il s’agissait de cuivre.  Le Parc de Timna est à 25 kilomètres au nord de la station balnéaire d’Eilat, juste un petit détour de la route principale qui mène à la mer Morte. […]

En savoir plus