juillet 1, 2018 9:24

Publié par Gaelle Alban

Festival de la Bâtie

Le Festival de la Bâtie appelé “L’Estival de la Bâtie” donne la part belle à la musique classique. Pour la première fois, il ouvre ses portes à la Méditerranée au niveau du chant. Pour cette huitième édition, le Festival de la Bâtie également nommé “Festival des arts vivants” du Département de la Loire, va se dérouler dans le magnifique château de la Bâtie d’Urfé. Château situé au coeur de la Loire à Saint-Etienne-le-Molard. Découverte de cet endroit charmant.

Qu’est-ce que le Festival de la Bâtie ?

Festival de la Bâtie

©Gil Lebois

Le Festival de la Bâtie va prendre ses quartiers au château de la Bâtie d’Urfé. Sachez que ce château, classé monument historique, est lové au coeur du Forez. Vous ne pourrez qu’être charmé par le cadre enchanteur de ce domaine Renaissance. Le temps de cette Estivale, vous y vivrez des moments d’émotions et de poésie qui rempliront votre coeur pour tout l’été. Le Festival de la Bâtie valorise le patrimoine du département en mettant en avant des châteaux, des églises, un prieuré et une abbaye.

Cie Julien Lestel_La jeune fille et la mort©Lucien SANCHEZ et La flute enchante Petite Symphonie et les Lunaisiens ©Jérome Humbrech

Cie Julien Lestel_La jeune fille et la mort©Lucien Sanchez et La flute enchante Petite Symphonie et les Lunaisiens ©Jérome Humbrech

Cette année, les organisateurs du Festival de la Bâtie comptent sur 13 000 passionnés de musique pour venir assister aux 40 représentations prévues. Pour cette édition, le flamenco, la tarentelle napolitaine et les chants de la côte algérienne vont donner un nouvel éclairage à cette manifestation. Vous pourrez admirer Rocio Marquez, la chanteuse, guitariste et auteure compositrice algérienne Souad Massi. Le Plaza Francia Orchestra sera également de la partie le 21 juillet pour la soirée de clôture.

Emmanuelle Bertrand Violoncelliste

Emmanuelle Bertrand Violoncelliste©jean-baptiste-millot

Pour cette édition 2018, le parrain et la marraine sont Emmanuelle Bertrand et Pascal Amoyel. Emmanuelle Bertrand est une talentueuse violoncelliste. Pascal Amoyel, un des plus grands pianistes classiques actuels, a été couronné” Révélation Soliste Instrumental de l’année” en 2005 lors de la Victoire de la Musique. Le 18 juillet, il présentera son spectacle “Le pianiste aux 50 doigts”.

Chaise dieu 2010 le recital pascal amoyel pianiste le 20 aout 2010 photo francis campagnoni

Chaise dieu 2010 le recital pascal amoyel pianiste le 20 aout 2010 photo francis campagnoni

Hors le Festival de la Bâtie

Tout est prévu pour que les visiteurs puissent se détendre et s’amuser tout au long de cet Estival. Pendant les trois semaines destinées au Festival de la Bâtie, de nombreuses activités seront proposées aux personnes venues y assister. Parmi ces activités, vous aurez le plaisir de découvrir un jeu de piste, des promenades contées afin de découvrir le château et des “Spectacles en herbe” qui raviront les enfants. Des ateliers artistiques, des jeux, des lectures, des projections de courts métrages animés et des spectacles complètent ces activités et animations.

Le Château de la Bâtie

Château de la Bâtie

Château de la Bâtie ©Gaëlle Alban

Savez-vous que ce château a comme origine une grange monastique installée sur les bords du Lignon par les moines du prieuré de Champdieu. Par la suite, cette grange est devenue une maison forte dotée d’un pont levis et de fossés. Puis la famille d’Urfé, qui vivait à Champoly près de Saint Juste en Chevalet, s’installe à la Bâtie en 1501. Claude d’Urfé la transforme au fil de ses voyages en Italie. En 1535, il en fait un joyau de la Renaissance italienne et française. Le château devient le fleuron du Forez. L’architecture et les décors de cette magnifique demeure sont le reflet de l’amour qu’il porte à son épouse Jeanne de Balsac d’Entraigues. C’est dans ce château qu’Honoré d’Urfé, petit fils de Claude, écrivit l’Astrée (premier romand fleuve de la littérature française).

Château de la Bâtie

Château de la Bâtie©Gaëlle Alban

En 1836, Caroline de Lagrange, fille du comte Joseph Lagrange, achète la Bastie. Duchesse de Cadore et épouse de Louis Alix de Nompère de Champagny, elle a essayé de faire introduire le château au classement au titre des monuments historiques. Malgré ses demandes à Prosper Mérimée, elle n’y est pas parvenue. Sauvé de la ruine en 1909 par la Société Historique et Archéologique du Forez “La Diana”, il fut classé monument historique en 1912.

Château de la Bâtie

Château de la Bâtie©Gaëlle Alban

En 990, le Conseil Général de la Loire à effectués d’importants travaux pour redonner vie à ce fleuron de la région de Loire.

Rampe d'accès gardée par un sphinx

Rampe d’accès gardée par un sphinx©Gaëlle Alban

Quand vous entrez dans la cour du château, vous pourrez admirer la loggia aux douze colonnes et la rampe d’accès gardée par un sphinx puis le corps de garde. Mais le plus beau reste à voir. En effet, la grotte aux fraîcheurs est une pure merveille. Il s’agit de l’unique grotte de rocailles de la Renaissance qui ait été conservée en France.

Grilles de la Grotte du Château

Grilles de la Grotte du Château©Gaëlle Alban

Ornée de décors mythologiques réalisés en galets, stalactites et coquillages, elle présente aussi un plafond à motifs géométriques, constitué de perles et de sables colorés. On peut y admirer Neptune, accompagné du dieu Pan, des nymphes, des satyres ainsi que la statue en marbre de Bacchus. La grotte est animée ponctuellement par des jeux d’eau. Le système hydraulique est dissimulé dans le décors. Il permet de reproduire des ruissellements d’eau le long des stalactites comme dans une vraie grotte.

La grotte de rocailles du château

La grotte de rocailles du château ©Gaëlle Alban

Restaurée en 2008, elle a pu retrouver ses couleurs d’origine. Partout sur les murs, sur le plafond, des personnages de la mythologie, des décors géométriques font de cette espace un lieu assez incroyable. Composée de matériaux naturels – stalactites, galets, cailloux et coquillages, la salle des rocailles était aussi une salle de fraîcheur avec de multiples jets d’eau.

La grotte de rocailles du château

La grotte de rocailles du château ©Gaëlle Alban

Au 16e siècle, un travail d’une extrême minutie avait été réalisé par les artisans italiens et locaux puisque chaque pierre a été collée une à une.

La grotte de rocailles du château

La grotte de rocailles du château ©Gaëlle Alban

Les jardins de la Renaissance italienne disposaient tous d’une grosse qui se trouvaient au fond du jardin. Claude d’Urfé a préféré installer la sienne contre la chapelle à l’intérieur du château. Ces deux pièces forment un ensemble fortement influencé par l’Italie, mais aussi riche de symboles pour son bâtisseur.

Chapelle du Château

Chapelle du Château©Gaëlle Alban

Dans la chapelle, les peintures et gypseuses (boiseries et marqueteries, plafond à caissons et pavement en faïence de Masséot Abaquesne) sont une pure merveille. Toutes ces créations sont l’oeuvre d’artistes italiens et d’artisans venus du Foreza. Quel dommage qu’une partie de ces magnifiques créations aient été retirées. Avant le “saccage” cette chapelle devait être sublime.

Chapelle du Château

Chapelle du Château©Gaëlle Alban

Des jardins à l’italienne

Le jardin de Claude d’Urfé est entièrement clos, selon la tradition médiévale de l’hortus conclusus qui veut que cet espace soit fermé. Il est entouré d’un mur crénelé décoratif, qui marque la frontière entre le jardin et la nature, laissée à l’état sauvage.

Jardin de la Bâtie

Jardin de la Bâtie ©Gaëlle Alban

Des recherches archéologiques, menées par Anne Allimant Verillon durant les années 1993 à 1998, ont permis de découvrir la manière dont les travaux ont été effectués à la création du jardin sous la houlette de Claude d’Urfé en 1550. Elles ont également donné des indications sur la configuration générale du site. Le sous sol du jardin abrite encore l’ingénieux système de guidage des eaux de la nappe phréatique mis en place. Guidées sur un lit d’argile situé en profondeur, les eaux issues du petit canal du jardin arrosent les plantes par capillarité et alimentent aussi les bassins et les douves.

Jardin de la Bâtie

Jardin de la Bâtie©Gaëlle Alban

Je n’ai pas eu le temps de flâner parmi les 16 parterres de buis et d’ifs divisés en compartiments géométriques et symétriques. Ils ont fait l’objet d’une restauration en 1950 avec comme support un plan géométral du domaine dessiné en 1804. Quand à la Rotonde, elle a retrouvé sa fontaine de marbre blanc en 1998. Fontaine nommée ‘fontaine de la vérité d’amour”. Le bosquet en étoile situé à proximité a été restauré dans les années 2000. Quant à la pergola située le long du mur de clôture, elle a été reconstituée sur la base des découvertes archéologiques faites en 1994 (éléments architecturaux mis au jour dans le bief). Trois ruches avec leurs colonies d’abeilles ont été installées sur le domaine. Ce rucher favorise la pollinisation de la prairie fleurie et augmente sa valeur écologique.

Le chat du château

©Gaëlle Alban

Et si vous aimez les chats, vous pourrez caresser et photographier le chat roux et blanc du château. Pa farouche, il se laisse admirer et photographier sans que cela l’effraie. Une vraie boule d’amour.

Qui était Claude d’Urfé ?

Une chambre du Château de la Bâtie

Une chambre du Château de la Bâtie©Gaëlle Alban

Gouverneur royal et bailli du Forez, Claude d’Urfé, voit le jour en 1501. À la mort de son père, il rejoint la Cour de France pour être élevé avec François d’Angoulême, le futur François Ier. Il fera preuve d’une fidélité sans faille à son roi qui lui confie d’importantes missions. Il participe au concile de Trente à partir de 1546. Ensuite ambassadeur auprès des Papes, il revient en France pour terminer sa carrière auprès d’Henri II en qualité de gouverneur des Enfants de France jusqu’à sa mort en 1558. Claude d’Urfé a fréquenté les plus célèbres intellectuels et artistes de son temps. Humaniste, ce gentilhomme était considéré comme un fin lettré.

Bonnes adresses

Hôtel La Charpinière

Hôtel La Charpinière, vue de ma chambre©Gaëlle Alban

Déjeuner ou dîner à Saint-Galmier à l’Amphitryon 
Xavier Thely, chef très créatif, remarqué par le Michelin, a ouvert son espace pour un dîner de sa composition où les produits de la Loire se conjuguent au rythme des saisons.
L’Amphitryon 9 bd Gabriel Cousin 42330 Saint-Galmier tél : 04 77 56 33 39

Hébergement/Hôtel La Charpinière****
8 allée de la Charpinière 42330 Saint-Galmier
Tél : 04 77 52 75 00 www.lacharpiniere.com

A visiter

Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne

Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne©Gaëlle Alban

Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne
Il détient l’une des plus importantes collections en France d’oeuvres des XIXe XXe et XXIe siècles. 20 000 oeuvres dont 1 500 pièces design.

Festival de la Bâtie

www.mam-st-etienne.fr
tel : 04 77 79 52 41

www.loire.fr

Copyright : Gaëlle Alban – Gil Lebois – Lucien Sanchez – Jérome Humbrech – jean-baptiste-millot – francis campagnoni

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