novembre 4, 2018 7:56

Publié par Frédérique Danielle LEBEL

Les vignes

Château de France appartient depuis 1971 à la famille Thomassin. Elle fait partie des dix plus anciens propriétaires de l’appellation Pessac-Léognan (AOC). Cette propriété est aussi membre de l’Union des Grands Crus de Bordeaux, avec « Un si beau nom qui l’oblige », prononce, ému, Arnaud Thomassin.

L’histoire de la propriété

Château de France

En 1971, Bernard Thomassin, le père d’Arnaud, venu du monde de la distillerie, découvre cette propriété où rien n’a changé depuis le XIXème siècle. Son objectif, restaurer le Château de France pour retrouver qualité et réputation à sa mesure. Il replante notamment les cépages Sauvignon et Sémillon en 1985. Il renoue ainsi avec la tradition multiséculaire et originale de l’appellation. Celle de produire à la fois des vins blancs et des vins rouges. Dans son “Histoire de la Vigne et du Vin” Enjalbert en 1986 précise : « Les campagnes menées par ce propriétaire entreprenant et obstiné doivent permettre au Château de France de retrouver prestige et notoriété. Ce prestige qu’il avait au XIXème. Il faut que château de France porte de belle manière, notamment sur les marchés extérieurs, un si beau nom qui l’oblige ».

Bernard Thomassin avait vu juste. En 1987, Château de France est reconnu par l’appellation Pessac-Léognan.

1996 : Arnaud s’investit dans la propriété

Arnaud Thomassin

Arnaud Thomassin

Après une spécialisation viticulture-œnologie et des expériences dans différentes régions viticoles, Arnaud travaille dans la propriété. Hélas, en 2011 un violent incendie détruit tout l’outil de vinification. Tel le Phénix, Château de France renaît de ses cendres. La reconstruction permet de doter Château de France des installations les plus performantes adaptées à son beau terroir. La famille Thomassin (Arnaud a deux soeurs: Véronique et Virginie) choisit une commercialisation essentiellement en direct, maîtrisant ainsi ses circuits de distribution et ses prix.

Mais d’où vient ce si joli nom ? 

Château de France

Le château a conservé le nom de l’ancien lieu-dit sur lequel il fut édifié. Il est probable que les terres de France n’étaient autrefois qu’une partie du tènement de Gardère. L’actuel domaine de France n’est en effet, avant 1681, qu’un ensemble de petites parcelles rassemblées au XVIème siècle par Marseau Dubasque et Jean de Latreilles. En cherchant dans les archives, on trouve en effet qu’en 1648, le laboureur Marseau Dubasque achète les parcelles de terre détenues par André Dejean, charpentier de barriques… C’est un Conseiller au Parlement de Guyenne, Taffard, qui développe le vignoble du Château de France au XVIIIème siècle dans une période clef : celle de la naissance de la notion qualitative de Grand Cru. Il suit en cela une autre famille de parlementaires, les Pontac à Haut-Brion, ce qui explique le développement viticole des Graves au sud-ouest de Bordeaux au XVIIIème siècle.

La notoriété à la fin du XIXème siècle

Jean-Henri Lacoste, négociant en tissus d’ameublement, propriétaire du domaine durant 32 ans, est le créateur du château actuel. Après l’achat en 1862 de cette propriété de 25 hectares qui ne porte pas encore le nom de château mais simplement de domaine ou bien de campagne, il prend la propriété en main. Et il la fait reconnaître par des chasseurs de crus. L’un d’eux, Féret après l’avoir négligé dans son ouvrage de 1850 le mentionne enfin dans les volumes suivants. Au XIXème siècle les domaines prennent petit à petit l’appellation de château. De grandes demeures apparaissent. Jean-Henri Lacoste modestement rénove son ancienne demeure : il élimine les ailes formant le U, rajoute de petits pavillons à chaque bout et crée un second étage. La première moitié du XXème voit s’endormir un peu ce domaine. Il reste un peu à l’écart du Bordelais viticole comme une majorité des Grands Crus des Graves pendant plus de 50 ans.

Un terroir unique au monde

Vin Château de France

“Las Grabas de Bourdeus” furent, voici deux mille ans, autour du port, le berceau d’un vignoble dont le nom prestigieux est maintenant connu du monde entier. Leur histoire se confond avec celle de la capitale de l’Aquitaine, Bordeaux. Situé dans la partie septentrionale des Graves, le terroir des Graves de Pessac-Léognan bénéficie de la protection de la forêt des Landes girondines, sa voisine de l’ouest. Le sol, ici, y est si rare et si pauvre que seuls y poussent la vigne ou les pins. Ces Graves, sont composées de graviers, de galets roulés par les eaux.  Leur variété est exceptionnelle. Avec des quartz et quartzistes ocres, blancs, rouges et roses, des jaspes, agatoïdes, silex et lydiennes… Un savant mélange harmonieux et chatoyant.

La diversité des terroirs vient ensuite des différences de recouvrement des terrains. Des sables, du limon, de l’argile, etc. Un atout qui permet la meilleure expression du terroir au travers des cépages.

Les fossiles qui  révèlent un climat tropical

Le sol chatoyant du terroir des Graves. Les fossiles sur le site du Coquillat

Le sol chatoyant du terroir des Graves. Les fossiles sur le site du Coquillat

Au Château de France, sur la parcelle bien-nommée “Coquillat” (50 ares), à fleur de terre et jusqu’aux racines de la vigne, le sol est truffé de fossiles. De la présence de ces “merveilleux” fossiles, on ne peut que reconnaître l’existence d’une mer ancienne à cet emplacement. Une mer qui a joué un rôle important dans la composition de la terre d’aujourd’hui. Ils sont la trace des organismes anciens qui ont participé au fil des millénaires à la spécificité de ce terroir remarquable.

À Léognan, le site du Coquillat illustre le “Burdigalien”, époque qui se situe entre 16 et 20 millions d’années. Les coquilles trouvées dans les vignes du Château de France montrent que le Bordelais bénéficiait d’un climat tropical.

Difficile de rester insensible à ces signes qui restent rares car les conditions de fossilisation sont très délicates. Les fossiles doivent échapper aux agents biologiques et atmosphériques. La roche peut aussi subir des déformations, être métamorphisée, entraînant la destruction des fossiles qu’elle contient.

Rouges ou blancs :  des vins somptueux

Bouteilles de vins

Château de France : l’emblème du Château est un vin de longue garde.

Château Coquillas évoque les nombreux fossiles et de coquillages dont regorge une des parcelles de la propriété.

En hommage à Bernard Thomassin, disparu en octobre 2013 : Le Bec- en-Sabot. Bernard Thomassin était féru d’ornithologie. Il  éprouvait de la sympathie pour cet oiseau rare, vigoureux, farouche et solitaire, qui vit dans les marais à papyrus de l’est de l’Afrique.

SAS B. THOMASSIN – CHÂTEAU DE FRANCE – 33850 Léognan

33 (0)5 56 64 75 39 

www.chateau-de-france.com

Crédit Photos : Château de France

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