Grand comptage des oiseaux des jardins les 24 et 25 janvier 2026

A la une, Evénements

Grand comptage des oiseaux des jardins les 24 et 25 janvier 2026

120

Un merle dans une haie, une mésange sur un balcon, des moineaux sous une mangeoire… Les 24 et 25 janvier 2026, la LPO relance le grand comptage national des oiseaux des jardins. Une heure d’observation, au même endroit, puis on transmet ses données. Simple en apparence, précieux en réalité. Derrière ce geste tranquille, l’enjeu est de mieux comprendre l’évolution des oiseaux “ordinaires”, ceux qui partagent notre quotidien.

J’ai eu un avant-goût de l’opération au parc Montsouris, à Paris, lors d’une conférence de presse suivie d’une démonstration en plein air. Et franchement : même en simple balade photo, on voit déjà à quel point un parc urbain peut être vivant. Cela ne m’a pas empêchée de faire la même chose dans mon propre jardin… Et là l’émerveillement !

Le parc Montsouris, rien à l’horizon, mais il faut un peu attendre pour commencer à voir les oiseaux !

Le parc Montsouris, rien à l’horizon, mais il faut un peu attendre pour commencer à voir les oiseaux !

Un comptage pour aider les scientifiques… sans être expert

Le principe de ce week-end est simple. Choisir un lieu, observer pendant une heure, noter les oiseaux identifiés et transmettre ses résultats en ligne. Cette opération existe depuis 2012. Elle s’appuie sur l’Observatoire des oiseaux des jardins, un programme de sciences participatives. Elle est pilotée par la LPO, avec Vigie-Nature (Muséum national d’Histoire naturelle) et l’Office français de la biodiversité.
Depuis la création du dispositif, 6 millions de données ont été collectées, représentant environ 110 000 heures d’observation. Et la mobilisation ne cesse de grandir. Le nombre de jardins participants a en effet été multiplié par 10, passant d’environ 3 000, au lancement, à 30 000 aujourd’hui.

Comptage - L’affiche de l’évènement. ©LPO

L’affiche de l’évènement. ©LPO

Comment participer au comptage

Pour participer au comptage, vous n’avez pas besoin de matériel compliqué. Un simple carnet, éventuellement des jumelles, et surtout un peu de patience.

  1. Il faut d’abord choisir un lieu d’observation. Un jardin, un balcon, une cour, un parc public… En ville comme à la campagne.
  2. Observer pendant 1 heure (pas plus), le samedi 24 ou le dimanche 25 janvier, et identifier les espèces.
  3. Noter le nombre maximal d’individus vus simultanément pour chaque espèce. C’est la règle qui évite de recompter le même oiseau.
  4. Ne compter que les oiseaux posés (sauf les hirondelles et les martinets en vol).
  5. Transmettre les observations sur la plateforme en ligne : www.oiseauxdesjardins.fr

Des ressources sur le site, fiches descriptives des oiseaux pour faciliter leur identification, vidéos, permettent de se lancer même quand on débute.

Les fiches de comptage LPO à télécharger sur le site

Les fiches de comptage LPO à télécharger sur le site

Au parc Montsouris : une balade photo… avant le “vrai” comptage

J’ai découvert l’esprit de ce comptage lors d’une conférence de presse suivie d’une démonstration au parc Montsouris, à Paris. Ma motivation du matin était claire : faire des photos pour illustrer l’article. Résultat : une belle moisson d’observations.

Sur les grandes pelouses, impossible de les rater. Les corneilles noires étaient plusieurs, en mode bulldozer, à “labourer” littéralement le sol à coups de bec. Autour, des pies bavardes au sol et dans les branches. Et cette petite note exotique typiquement parisienne : des perruches à collier. Elles sont repérables avant même de les voir, grâce à leurs cris. À Paris, les perruches sont bien installées depuis des années (Montsouris, Buttes-Chaumont, Jardin des Plantes…).

Corbeau freux : en bande, les corbeaux freux “labourent” la pelouse à la recherche de vers et de larves.

Corbeau freux : en bande, les corbeaux freux “labourent” la pelouse à la recherche de vers et de larves.

Comptage - Pie bavarde : toujours en alerte, elle explore la moindre opportunité.

Pie bavarde : toujours en alerte, elle explore la moindre opportunité.

Vert vif et cris reconnaissables, la perruche à collier, désormais habituée de plusieurs parcs parisiens.

Vert vif et cris reconnaissables, la perruche à collier, désormais habituée de plusieurs parcs parisiens.

La mésange à longue queue, adorable boule de plumes

Dans un arbre sans feuilles, je croise une petite merveille. C’est une jolie mésange à longue queue, toute légère, presque ronde, avec sa queue disproportionnée. À Montsouris, ces oiseaux passent souvent en petites troupes. Hyper vives, elles ne tiennent jamais en place longtemps.
Et j’aperçois, évidemment, les “classiques” merles, pigeons… Bref, un parc qui chante même en hiver.

Près du plan d’eau, le décor change. Même si ces oiseaux n’entrent pas dans le comptage, je ne peux faire l’impasse ! Je vois des gallinules poule-d’eau, pattes dans l’eau. Des canards colverts, posés en boule au bord du bassin, se reposent, mais gardent l’œil ouvert… On ne sait jamais, avec tous ces gens qui passent ! Il y a aussi des bernaches qui se baladent sur la pelouse. Sur l’eau, une troupe de mouettes rieuses est posée tranquillement. Régulièrement, l’une d’entre elles s’envole et se repose quelques mètres plus loin.

Comptage - Mésange à longue queue, une si jolie boule de plumes prolongée d’une queue démesurée.

Mésange à longue queue, une si jolie boule de plumes prolongée d’une queue démesurée.

Mouette rieuse : une belle envolée.

Mouette rieuse : une belle envolée.

Comptage - Tête vert émeraude et poitrail brun, le canard colvert se repose à l’abri, au bord du bassin. Tête noire et bavette blanche, la bernache du Canada, une habituée des pelouses au bord de l’eau. Bec rouge à pointe jaune : la gallinule fouille la berge et les zones peu profondes du plan d’eau.

Tête vert émeraude et poitrail brun, le canard colvert se repose à l’abri, au bord du bassin. Tête noire et bavette blanche, la bernache du Canada, une habituée des pelouses au bord de l’eau. Bec rouge à pointe jaune : la gallinule fouille la berge et les zones peu profondes du plan d’eau.

Pourquoi il faut rester sur place pendant une heure

Une balade est parfaite pour repérer et photographier, mais ce n’est pas la méthode du comptage. Pour que les données soient comparables et utiles, il faut s’installer à un endroit précis. Observer calmement, et noter pour chaque espèce le maximum d’individus vus en même temps. C’est simple, mais ça change tout. On évite les doublons, on gagne en fiabilité, et les scientifiques peuvent exploiter les résultats. Pour observer dans son jardin, l’idéal est de rester derrière une fenêtre pour ne pas effrayer les oiseaux. Vous pouvez le faire seul, à deux, en famille, entre amis ! Et oui, prévoyez le café : en fin de matinée, c’est souvent un bon créneau.

Côté maison : quand les oiseaux viennent à vous

Après cette balade à Montsouris, j’ai eu envie de tenter l’expérience jusqu’au bout. Cette fois, depuis mon jardin. Installée derrière la baie vitrée, je me suis prêtée à l’exercice “pour de vrai”.  Au même endroit, sans bouger, à observer les visiteurs de mon jardin. Dans un arbre, j’avais suspendu des boules de graisse, et le va-et-vient a commencé presque aussitôt. Une perruche à collier est passée en éclaireuse… Plus patient, un rouge-gorge s’est approché à distance, l’air de surveiller les alentours avant de picorer. Et puis, les plus courantes, les mésanges, rapides, légères, ont fait des allers-retours express. Les oiseaux apparaissent, disparaissent, reviennent… et on peut très facilement les compter.

Moineaux domestiques : ça se dispute la place au restaurant… ailes ouvertes et énergie à fond.

Moineaux domestiques : ça se dispute la place au restaurant… ailes ouvertes et énergie à fond.

Comptage - Mésange bleue : petite, rapide, et redoutablement efficace sur les boules de graisse. Étourneau sansonnet : acrobate du jardin, l’étourneau sansonnet s’accroche au filet pour picorer la boule de graisse.

Mésange bleue : petite, rapide, et redoutablement efficace sur les boules de graisse. Étourneau sansonnet : acrobate du jardin, l’étourneau sansonnet s’accroche au filet pour picorer la boule de graisse.

Perruche à collier : une visite éclair, quelques coups de bec, et déjà repartie.

Perruche à collier : une visite éclair, quelques coups de bec, et déjà repartie.

Comprendre et protéger la biodiversité de proximité

Ce comptage a deux grande objectifs. D’abord, collecter un volume massif de données. Il est important de mieux connaître les populations d’oiseaux des jardins et comprendre ce qui les attire (ou les fait fuir). Ensuite, sensibiliser. C’est une façon d’apprendre à reconnaître les espèces proches de nous. ET bien sûr de rappeler l’importance de préserver la biodiversité du quotidien.

Comptage - Rouge-Gorge sur l’herbe : une scène d’hiver, simple et précieuse, à deux pas de la maison.

Rouge-Gorge sur l’herbe : une scène d’hiver, simple et précieuse, à deux pas de la maison.

Des espèces déjà fragilisées à surveiller

Compter, c’est aussi mesurer ce qui se raréfie. Parmi les oiseaux liés aux jardins, plusieurs espèces sont aujourd’hui dans des catégories préoccupantes.

  • 1 espèce en danger : le moineau friquet. En Ile-de-France, la chute est vertigineuse : 30 000 individus en 1995, 150 en  2023 !
  • 7 espèces vulnérables : pic épeichette, linotte mélodieuse, chardonneret élégant, verdier d’Europe, bouvreuil pivoine, serin cini, bruant jaune.
  • 5 espèces quasi menacées : martinet noir, hirondelle de fenêtre, hirondelle rustique, gobemouche gris, roitelet huppé.

Ce week-end, on compte ensemble ?

Ces oiseaux familiers ne sont pas juste un décor : certains déclinent, d’autres deviennent plus rares d’année en année. Participer au comptage, c’est aider à suivre ces évolutions et à comprendre ce qui change autour de nous. Les 24 et 25 janvier 2026, une heure suffit pour prendre part à une science ouverte… et donner du poids à la biodiversité du quotidien. Promis, ça se tente : une heure d’observation, et la nature fait le reste. Le plus dur ? S’asseoir et ne plus bouger. Après, on se prend au jeu. À Paris comme ailleurs, les oiseaux sont là. À nous de les écouter… et de les compter.

En plumage d’hiver, les mouettes rieuses se regroupent et se reposent sur l’eau calme du parc Montsouris.

En plumage d’hiver, les mouettes rieuses se regroupent et se reposent sur l’eau calme du parc Montsouris.


Sciences participatives : c’est quoi exactement ?

Si cette heure d’observation marche si bien, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans un mouvement plus large. Les sciences participatives, où chacun peut contribuer à la production de connaissances. Les sciences participatives, ce sont des formes de production de connaissances scientifiques auxquelles des personnes non scientifiques participent activement. Elles observent, collectent des données, transmettent les informations…
Ici, le comptage permet de réunir, partout en France et au même moment, une quantité d’informations impossible à obtenir autrement. C’est une façon concrète de faire avancer la recherche, depuis chez soi. 

Site de la LPO : www.lpo.fr

Site des Oiseaux du jardin : www.oiseauxdesjardins.fr.

Photo d’ouverture de l’article : Rouge-Gorge familier : il observe, hésite, puis s’approche, toujours avec prudence.

Crédit Photos : Caroline Paux

A lire aussi sur le Site Dynamic Seniors :

Comments are off this post!