A la découverte de la Vienne 1900, sublime capitale des arts

Evasion, Idées Week-End, Voyages

A la découverte de la Vienne 1900, sublime capitale des arts

23

On peut visiter Vienne pour ses concerts, ses palais baroques, l’impératrice Sissi ou ses fameux cafés. Mais on peut aussi s’y rendre pour ses trésors 1900 et son mouvement de la Sécession qui marquent un véritable âge d’or artistique pour la ville. 

Le MAK, musée dédié aux Arts appliqués, qui présente ses chefs-d’oeuvre Art Nouveau dans une toute nouvelle scénographie, nous en offre une merveilleuse occasion. Vienne peut se visiter en toute saison et peut-être plus tranquillement à l’automne et pendant l’hiver.

Vienne - La frise Beethoven de Gustav Klimt au palais du Belvédère

La frise Beethoven de Gustav Klimt au palais du Belvédère

Vienne en 1900, une folie !

Vienne en 1900, est une ville effervescente, presque folle, dont d’aucuns avaient même prédit qu’elle supplanterait Paris dans son rôle de capitale culturelle. Depuis le milieu du XIXe siècle, son visage a entièrement changé, remodelé par le grand boulevard du  Ring et ses nombreux nouveaux bâtiments administratifs et culturels. Capitale de la presse, de la mode, de la fête, elle attire de nombreux étrangers. Et est en proie à une sorte de vertige, ses excès montrant aussi une face plus sombre. A Vienne, en 1900, le nombre de morts et de suicides bat des records, dûs au choléra et au krach boursier de 1873. 

Cupidons modernes par le peintre académique Hans Makart (musée Léopold)

Cupidons modernes par le peintre académique Hans Makart (musée Léopold)

Vienne - L’Etreinte par Egon Schiele (Palais du Belvédère)

L’Etreinte par Egon Schiele (Palais du Belvédère)

Entre ombre et lumière

Les artistes exprimeront cette atmosphère de légèreté et de drame, de faste et de crise. Leurs oeuvres porteront à leur tour ce mélange d’ombre et de lumière, tendant vers le sublime mais parfois terriblement angoissées et dérangeantes. En 1897, certains se rassemblent en une association : la Sécession. Celle-ci a pour but de se libérer du carcan de l’enseignement académique et de proposer de nouvelles formes artistiques. Les architectes Josef Maria Olbrich et Josef Hoffmann en sont les fondateurs. Gustav Klimt, le président. Sans faire table rase du passé, loin de l’apologie du monde moderne des futuristes ou des fulgurances des Fauves, les Viennois aiment le sens et le symbole. Le raffinement et la beauté offrant aussi aux métiers d’art leur plein épanouissement.

Photo des membres de la Sécession avec, sur le trône, Gustav Klimt (musée Léopold)

Photo des membres de la Sécession avec, sur le trône, Gustav Klimt (musée Léopold)

Vienne - Verres à vin d’Otto Prutscher (© Musée Léopold). A droite vase de Josef Hoffmann en métal peint(© MAK Georg Mayer)

Verres à vin d’Otto Prutscher (© Musée Léopold). A droite vase de Josef Hoffmann en métal peint(© MAK Georg Mayer)

Vers un renouveau architectural

Promenons-nous en ville. A partir de l’application Ivie, tout un parcours permet de découvrir les principales réalisations de la ville à l’époque. Le Palais de la Sécession avec sa coupole couverte de feuilles dorées, en est sans doute le plus emblématique. Construit par Josef Maria Olbrich, ce pavillon était le lieu d’exposition de la fameuse association artistique, orné à l’intérieur de l’étonnante fresque Beethoven de Klimt. Dans un autre style la Banque postale d’Otto Wagner montre cette tendance élégamment simplificatrice du mouvement qui se libère de l’ornement pour privilégier la fonction. 

Dans cette même mouvance, on pourra aussi visiter la villa Beer construite par Yusef Franck en 1930, récemment restaurée et ouverte au public. Ses formes pures et blanches y contrastent avec d’étonnantes tapisserie fleuries, au milieu d’un agréable jardin.
https://www.villabeer.com/home

Le palais de la Sécession de Josef Maria Olbrich

Le palais de la Sécession de Josef Maria Olbrich

Vienne - La Banque postale d’Otto Wagner

La Banque postale d’Otto Wagner

Façade de la Banque postale d’Otto Wagner et à droite, intérieur de la villa Beer

Façade de la Banque postale d’Otto Wagner et à droite, intérieur de la villa Beer

L’incontournable Belvédère 

Bel et bien incontournable, populaire entre tous, le palais du Belvédère (surtout sa partie supérieure) expose de façon aérée les toiles les plus célèbres de Gustav Klimt. On y redécouvre avec plaisir le Baiser auprès duquel se photographient tous les jeunes couples de la terre… A voir aussi La Mariée, Adam et Eve, Judith ou encore les merveilleux paysages de l’artiste. Moins connus, pointillistes et de format carré, ils sont pourtant d’une beauté éminemment novatrice. Tout cela parmi mille autres modernités dont on ne se lasse pas !
https://www.belvedere.at/en 

Vienne - La Mariée de Gustav Klimt

La Mariée de Gustav Klimt

Maison forestière à Weissenbach sur l’Attersee et Fritza Riedler par Gustav Klimt

Maison forestière à Weissenbach sur l’Attersee et Fritza Riedler par Gustav Klimt

Vienne - Le Baiser de Klimt et ses fans !

Le Baiser de Klimt et ses fans !

Grandiose musée Léopold

Très vaste et très complet, il est le lieu pour tout comprendre de cette histoire passionnante, dédiant trois étages à la Sécession et à la Vienne 1900. On y admire notamment d’admirables reconstitutions d’intérieurs de tous les architectes et décorateurs de l’époque : Olbrich, Hoffmann, Adolf Loos. Mais aussi Koloman Moser. Moins connu du grand public, ce dernier fut à la fois désigner et peintre, parfaite incarnation de cette idée d’« art total » (Gesamtkunstwerk) chère au mouvement. Kolo fut co-fondateur de la Sécession avec Klimt et est à l’origine des Wiener Werkstätte, (les « Atelier viennois ») auxquels il fournit tout sa vie, avec une imagination intarissable, des modèles de meubles, de tissus, de vitraux et d’affiches. 

Chambre par Josef Hoffmann

Chambre par Josef Hoffmann

Vienne - Armoire et mobilier de Koloman Moser

Armoire et mobilier de Koloman Moser

Amoureux par Koloman Moser. A droite, Autoportrait à demi nu par Richard Gerstl

Amoureux par Koloman Moser. A droite, Autoportrait à demi nu par Richard Gerstl

Les expressionnistes parmi tant d’autres…

Autre point fort du musée Léopold : la collection de peintures d’Egon Schiele, la plus importante au monde. Hantées par l’amour et par la mort, les oeuvres de cet élève tourmenté et chéri de Klimt, sont très graphiques et d’une grande force expressive. Leur expressionnisme montre aussi une recherche autour du vide, de la couleur neutre et de la ligne heurtée. Enfin le musée Léopold fait la part belle aux tableaux de Gustav Klimt (ses débuts, déjà remarquables). A Oskar Kokoschka et à des artistes moins connus mais non moins talentueux tels Richard Gerstl et Carl Moll. Photos, affiches et tableaux académiques (Hans Makart) complètent aussi l’ensemble, montrant le contexte de cette « révolution » à Vienne en 1900.
https://www.leopoldmuseum.org/en

Vienne - Autoportrait aux physalis par Egon Schiele

Autoportrait aux physalis par Egon Schiele

Femme allongée par Egon Schiele

Femme allongée par Egon Schiele

Le feu d’artifice du MAK

Filons découvrir la nouvelle scénographie du MAK ! Ce musée qui logea longtemps une école d’Arts appliqués, consacre désormais trois grandes sections à l’Art Nouveau viennois. Ayant fait le choix du peu, il varie les atmosphères pour ne pas lasser le regard. Ainsi, le parcours plongé dans le noir, passe-t-il des cartes postales aux logos, du verre à la dentelle, des gravures aux meubles. Ici la chambre de la femme d’Adolf Loos par Hoffman. Là, les dessins préparatoires de Klimt pour la frise monumentale du palais Stoclet de Bruxelles. Plus loin encore, des armoires pleines de tissus. Enfin des lustres, des vases, des couverts, des bijoux, des serrures… Un parcours magistral.
https://www.mak.at/ 

Vienne - Salle de présentation du MAK avec, au dessus, des archives laissées apparentes

Salle de présentation du MAK avec, au dessus, des archives laissées apparentes

Vitrine sur le thème du noir et blanc. A droite, petit ensemble mobilier

Vitrine sur le thème du noir et blanc. A droite, petit ensemble mobilier

Vienne - Boudoir d’une grande vedette présenté par Josef Hoffmann à l’Expo Internationale de 1937 à Paris

Boudoir d’une grande vedette présenté par Josef Hoffmann à l’Expo Internationale de 1937 à Paris

Vitrine d’objets en verre et métal

Vitrine d’objets en verre et métal

Vienne - Ensemble à thé de Josef Hoffmann

Ensemble à thé de Josef Hoffmann

Plus d’infos sur Vienne

Y aller

Vols Paris-Vienne par Austrian Airlines : 2 heures
https://www.austrian.com/fr/fr/homepage 

Se loger

The Companion Vienna
Boutique hôtel 4*, très central. Vient d’ouvrir avec une déco top, dernier cri.
companion-hotels.com/ 

Hall d’entrée et chambre de l’hôtel Companion Vienna

Hall d’entrée et chambre de l’hôtel Companion Vienna

Manger et boire un verre, au café !

Avec leurs banquettes de velours, leurs gâteaux, leurs journaux à disposition et leur convivialité, les cafés sont une institution à Vienne. Chacun a ses particularités.

Café Prückel
Dans un mélange de styles 1900 et années 50, on y déjeune agréablement d’une wiener wchnitzel (escalope de veau panée) ou d’un tafelspitz, pot au feu viennois servi avec des pommes de terre hachées et du raifort.
prueckel.at/en/cafe-prueckel/

Café Goldegg
Décor typiquement 1900 dont un joli vitrail. Carte bonne et variée, service sympathique. Pour déjeuner à deux pas du Belvédère (ferme à 20h).
cafegoldegg.at  

Vienne - Le bar du café Goldegg et à droite, tafelspitz avec pommes de terre hachées et raifort

Le bar du café Goldegg et à droite, tafelspitz avec pommes de terre hachées et raifort

Deux grands classiques

Café Sacher
C’est un des plus réputés avec son décor blanc, rouge et or et ses tableaux anciens. On y déguste, entre autres, dans sa version originale, la fameuse Sachertorte, gâteau traditionnel au chocolat avec sa fine couche de confiture d’abricot.
sacher.com/en 

Café Diglas
Créé en 1923, il figure parmi les incontournables même si ses lustres en cristal mêlent leurs pampilles à des faux gâteaux ou des tasses à café. Au menu, les plats classiques viennois cités précédemment. Mais aussi les goulaches, les saucisses et de bonnes pâtisseries.
https://wollzeile.diglas.at/

Le bar du café Diglas et son lustre foufou. A droite la fameuse Sachertorte du café Sacher

Le bar du café Diglas et son lustre foufou. A droite la fameuse Sachertorte du café Sacher

Vienne - Cafés viennois avec leurs amateurs de journaux

Cafés viennois avec leurs amateurs de journaux

Pour toutes les informations

L’Office National Autrichien du Tourisme
austria.info/fr/

L’Office du Tourisme de Vienne
wien.info/fr/  

Photos : Valérie Collet

En ouverture, la Palmenhaus (Serre aux Palmiers) construite par Friedrich Ohmann autour de 1900

A lire aussi sur le site Dynamic Seniors : https://dynamic-seniors.eu/salzbourg-larriere-saison-hors-des-sentiers-battus/  

Comments are off this post!