Une journée avant l’ouverture des Journées européennes du Patrimoine, nous avons pu visiter le palais du Luxembourg. Loin d’être un simple monument historique, ce palais accueille le Sénat. C’est un lieu où quatre siècles d’histoire côtoient le quotidien de la République. Une immersion dans un patrimoine vivant, toutes les salles, œuvres et objets racontent un fragment de l’histoire de France.
Dans quelques heures, des milliers de visiteurs viendront visiter le Sénat à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine. En cette veille d’ouverture, les préparatifs se poursuivent discrètement. Très vite pourtant, l’attention se détourne de cette agitation. Derrière chaque porte du palais, un nouvel univers s’offre au regard. Ici, une chapelle, là un escalier monumental… Plus loin un salon chargé d’histoire ou une bibliothèque d’une richesse exceptionnelle. Au Sénat, il suffit de ralentir le pas et de lever les yeux pour comprendre que chaque pièce a quelque chose à raconter.

Le palais du Luxembourg est le siège du Sénat depuis 1799. Construit à l’initiative de Marie de Médicis au début du XVIIᵉ siècle, il demeure l’un des plus beaux palais de Paris.
Palais du Luxembourg, le rêve de Marie de Médicis
Avant d’accueillir la Haute Assemblée, le palais du Luxembourg fut d’abord celui d’une reine. Veuve d’Henri IV, Marie de Médicis ne se plaisait guère au Louvre. Native de Florence, elle souhaitait retrouver un peu de l’Italie de son enfance. En 1615, elle lance la construction d’un palais inspiré du Palazzo Pitti, résidence de sa famille. Salomon de Brosse en dessine les plans en mêlant élégance florentine et classicisme français. Quatre siècles plus tard, ce rêve est devenu l’un des plus beaux palais de la capitale.

Face au palais du Luxembourg, Marius debout sur les ruines de Carthage par Nicolas Victor Vilain, invite le visiteur à prendre le temps de la contemplation.
La chapelle de la Reine, aux origines du palais
Une fois franchies les portes du bâtiment qui accueille les bureaux de la présidence du Sénat, la visite débute dans un lieu chargé de symboles : la chapelle de la Reine. Cette chapelle faisait partie des appartements de la reine. Elle témoigne encore aujourd’hui de l’ambition de celle qui voulait retrouver, au cœur de Paris, un peu de sa Florence natale. Les proportions élégantes de la pièce, les décors préservés et la lumière qui filtre par les hautes fenêtres invitent naturellement au silence et à la contemplation. Contrairement à de nombreux espaces du palais qui ont évolué au fil des siècles, la chapelle de la Reine conserve l’esprit des origines. L’atmosphère y est paisible, presque intimiste. Les regards glissent naturellement des voûtes vers les décors, comme si le lieu invitait déjà à prendre son temps.

La visite débute dans la chapelle de la Reine, l’un des premiers témoignages du palais imaginé par Marie de Médicis. Une entrée en matière qui plonge immédiatement le visiteur dans quatre siècles d’histoire.

Au-dessus de l’autel, la Mater Dolorosa représente la Vierge seule, accentuant la force de son chagrin.
L’escalier de Boffrand, le prestige des lieux
Un peu plus loin, une porte s’ouvre et le regard est immédiatement happé par un spectaculaire escalier. Construit vers 1710 par l’architecte Germain Boffrand, cet escalier monumental est impressionnant. Ses 31 marches, sa majestueuse rampe aux entrelacs sculptés dans la pierre de Saint-Leu… Ses grandes arcades ornées de miroirs composent un décor d’une élégance rare. Au début du XVIIIᵉ siècle, ces immenses glaces constituaient un véritable luxe. Leur coût était tel qu’elles symbolisaient à elles seules le prestige des lieux.
Mais il ne faut pas oublier de lever les yeux. Le plafond est coiffé d’une vaste calotte ovale décorée en 1894 par le peintre Henri Berteaux. Au palais du Luxembourg, l’escalier de Boffrand n’est pas un simple lieu de passage. Il constitue presque une introduction au palais. C’est l’un des plus beaux escaliers d’apparat de Paris. Un véritable chef-d’œuvre de l’architecture du XVIIIᵉ siècle.

Construit vers 1710 par Germain Boffrand, cet escalier monumental impressionne toujours.

31 marches, une rampe en pierre de Saint-Leu et d’immenses miroirs, symbole de prestige au XVIIIᵉ siècle. Sans oublier sa magnifique coupole peinte par Henri Berteaux.
La salle René Monory, le patrimoine adapté
Chaque salle dévoile un nouveau visage du palais. La salle René Monory, aujourd’hui utilisée pour les réunions, était autrefois une chapelle. Le patrimoine s’est adapté aux besoins des siècles sans jamais perdre son identité. En 2014, la décision a été prise de faire de la chapelle l’une des trois salles multimédias du palais. Les magnifiques peintures du milieu du XIXe siècle ont été restaurées. Un ensemble d’équipements techniques installés.
La salle a été inaugurée le 17 avril 2018 par le président actuel du Sénat, Gérard Larcher. C’est aujourd’hui un magnifique espace pour des réunions de commissions, et peut également servir à des colloques ou à des journées d’études. L’accès à la salle se fait par escalier ou par un ascenseur pour personnes à mobilité réduite.

Ancienne chapelle transformée en salle de réunion, la salle René Monory illustre les nombreuses évolutions qu’a connues le palais tout en préservant son patrimoine.

Dans la salle René Monory, les plafonds peints et les dorures témoignent de l’ancienne vocation religieuse de cette salle, aujourd’hui dédiée aux réunions du Sénat.
La salle du Livre d’or, mémoire des origines du palais
Une nouvelle porte s’ouvre et le temps semble soudain ralentir. La salle du Livre d’or est sans doute l’une des plus émouvantes du palais du Luxembourg. Non parce qu’elle est la plus spectaculaire, mais parce qu’elle est celle qui raconte le mieux ses origines.
Ici est conservé tout ce qui subsiste de la décoration d’origine du palais voulu par Marie de Médicis. En 1817, les peintures et les lambris provenant des anciens appartements de la reine furent remontés dans cette pièce. Au fil des décennies, d’autres éléments vinrent compléter cet ensemble, notamment des toiles peintes installées entre les pilastres.
Le regard est naturellement attiré vers le plafond. Deux grands panneaux sur bois, attribués par certains historiens à Jean Mosnier, y côtoient une série d’angelots et de sibylles. Ils ont probablement été peints par Philippe de Champaigne, l’un des plus grands artistes français du Grand Siècle.

La Salle du Livre d’Or rassemble les derniers éléments des appartements de Marie de Médicis.

Aujourd’hui encore, les chefs d’État et les personnalités reçues au Sénat y signent le Livre d’or.
Marie de Médicis veille
Posé devant un miroir, trône l’imposant buste de Marie de Médicis réalisé à taille réelle. La sculpture surprend par ses dimensions (70 cm de haut). Elle et rappelle les descriptions de l’époque évoquant une souveraine à la stature particulièrement imposante. Plus qu’un portrait, cette présence semble veiller sur le palais qu’elle fit construire il y a plus de quatre siècles.
La pièce tire son nom du Livre d’or de la Pairie, registre qui recensait autrefois les titres des pairs de France. Conservé au Sénat jusqu’en 1848 avant d’être versé aux Archives nationales, il a laissé son nom à cette salle symbolique du palais.
Aujourd’hui encore, elle demeure un lieu de représentation. Les chefs d’État, souverains, présidents de Parlement et personnalités officiellement reçus au Sénat y sont accueillis et signent le Livre d’or contemporain. L’histoire se poursuit ainsi, naturellement, dans un décor qui évoque les fastes du XVIIᵉ siècle.

Réalisé à taille réelle, ce buste rappelle la personnalité de la fondatrice du palais du Luxembourg, dont les chroniqueurs soulignaient déjà la stature imposante.
L’annexe de la bibliothèque, un musée devenu temple des livres
En quittant la salle du Livre d’or, une nouvelle porte s’ouvre sur l’annexe de la bibliothèque. L’impression est immédiate. Ici aussi, le regard hésite entre les élégants rayonnages de chêne et… le plafond. Car avant de devenir l’annexe, cette longue galerie de 60 mètres connut une tout autre destinée.
En 1750, elle accueille ce qui est considéré comme le premier musée public de peinture d’Europe. Bien avant l’ouverture du musée du Louvre, les visiteurs venaient y admirer des chefs-d’œuvre. En 1887, elle est transformée en annexe de la bibliothèque afin d’accompagner l’accroissement des collections. Les tableaux cèdent la place à près de deux kilomètres de rayonnages. Ils abritent aujourd’hui 57 000 ouvrages.
Mais l’âme artistique du lieu demeure intacte. Une fois encore, il faut lever les yeux. Le plafond est orné des Signes du Zodiaque, peints vers 1640 par Jacob Jordaens, un maître flamand du XVIIᵉ siècle. Un décor exceptionnel.

Avant de devenir une bibliothèque en 1887, cette galerie accueillait le premier musée public de peinture d’Europe. Aujourd’hui, près de 57 000 ouvrages y sont conservés.

Levez les yeux ! Le plafond est orné des Signes du Zodiaque peints par Jacob Jordaens vers 1640, souvenir de l’ancienne galerie de peinture.

Pourtant, derrière cette apparente organisation mystérieuse se cache un système documentaire qui permet aux bibliothécaires de retrouver en quelques instants l’ouvrage recherché.
Sous l’œil d’Anatole France
En parcourant les rayonnages, un détail intrigue. Les ouvrages semblent rangés sans logique apparente. Tous sont joliment reliés, frappés des armes du Sénat, offrant une étonnante unité visuelle. Pourtant, derrière cette organisation mystérieuse se cache un système documentaire entièrement informatisé. Chaque ouvrage peut être retrouvé en quelques instants.
Une présence accueille le visiteur dès son entrée dans la galerie : le buste d’Anatole France. Un clin d’œil à l’écrivain qui travailla ici avant de devenir académicien puis prix Nobel de littérature. Brillant mais peu assidu, il accumula les absences au point de voir l’un de ses subordonnés être promu à sa place. Une décision qui le mit dans une colère mémorable.
L’annexe constitue aujourd’hui l’une des trois composantes de la bibliothèque du Sénat, avec la bibliothèque historique et les réserves. Elles représentent près de 13 kilomètres de collections, un patrimoine documentaire exceptionnel qui continue d’accompagner le travail parlementaire.

Avant de devenir prix Nobel de littérature, Anatole France fut employé à la bibliothèque du Sénat… où ses nombreuses absences lui coûtèrent une promotion.
La Salle des Conférences, quand le patrimoine devient le décor de l’actualité
Changement encore d’univers. Longue de 57 mètres, large de 10 mètres, culminant à quinze mètres sous sa coupole, la Salle des Conférences impressionne immédiatement par ses proportions. Réalisée sous le Second Empire par l’architecte Alphonse de Gisors, elle résulte de la réunion de trois anciennes salles du palais. Dorures, lustres monumentaux, plafonds peints, tapis et mobilier composent un décor d’une rare élégance. Tout a été pensé pour accueillir les grandes réceptions officielles.
Le regard est rapidement attiré par une pièce exceptionnelle : le trône en bois doré de Napoléon Ier, sculpté par Jacob. C’est sur ce siège que l’Empereur prenait place lorsqu’il assistait aux séances du Sénat conservateur. Plus de deux siècles plus tard, il demeure l’un des symboles les plus prestigieux du palais du Luxembourg.

Longue de 57 mètres, la Salle des Conférences accueille aujourd’hui les grandes réceptions du Sénat… mais aussi les interviews des sénateurs à l’issue des séances.

Ce trône en bois doré servait à Napoléon Ier lorsqu’il assistait aux séances du Sénat conservateur. Il demeure l’une des pièces les plus prestigieuses du palais.

Le faste du Second Empire s’exprime jusque dans les moindres détails de la Salle des Conférences.

La Salle des Conférences accueille aujourd’hui réceptions officielles, interviews de sénateurs et rencontres avec la presse.

Décors somptueux typiques du Second Empire avec un Chérubin pour surveiller les discussions des sénateurs dans leur fauteuil rouge.
Un lieu incontournable pour les journalistes
Mais, comme souvent au palais du Luxembourg, le passé dialogue avec le présent. Aujourd’hui, cette vaste salle est devenue un lieu incontournable pour les journalistes. À l’issue des séances, les sénateurs s’y prêtent au jeu des interviews, tandis que les caméras prennent place sous les dorures du Second Empire. Public Sénat y dispose d’un studio permanent, d’où sont réalisées des réactions à chaud sur les grands débats parlementaires.
Joli contraste. Sous les plafonds historiques, les micros tendus aux élus rappellent que la vie démocratique se raconte aussi ici, loin de l’hémicycle.

Sous les dorures du Second Empire, les journalistes recueillent quotidiennement les réactions des sénateurs. Un contraste saisissant entre patrimoine et actualité.
Le cœur battant de la République
Quelques pas suffisent pour changer d’atmosphère. Apparaît enfin le lieu le plus connu du Sénat : la salle des séances, ou l’hémicycle.
Même vide, la vaste salle impressionne. D’un côté, les fauteuils de velours rouge, les pupitres parfaitement alignés. De l’autre, le second hémicycle qui accueille la tribune du Président, les bureaux des secrétaires du Sénat et la tribune de l’orateur. Tout semble prêt pour recevoir les sénateurs. Difficile de ne pas imaginer les débats parfois passionnés qui s’y déroulent, lorsque les projets et propositions de loi sont examinés.

Même vide, l’hémicycle impressionne. C’est ici que les sénateurs examinent les textes de loi qui rythment la vie démocratique française.

Dominant la tribune de la présidence, sept grandes figures de l’histoire de France rappellent les fondements de l’État et du droit. C’est sous leur regard symbolique que les sénateurs débattent et votent les textes qui rythment la vie démocratique du pays.
Les symboles
Le regard se porte d’abord sur la tribune présidentielle et ses sept statues de marbre placées entre les colonnes. Puis sur l’ensemble de la salle, et sur les détails. Les pupitres conservent la mémoire de celles et ceux qui ont marqué l’histoire du Sénat. Cela grâce à de petits médaillons en bronze intégrés aux pupitres. Ils sont dédiés notamment à Victor Hugo, Georges Clemenceau, Raymond Poincaré, Émile Combes, Gaston Monnerville, Alain Poher, Edgar Faure… Une façon discrète mais émouvante de rappeler que ces bancs ont accueilli des personnalités qui ont contribué à façonner la France.
Autre détail plus inattendu : les fauteuils rouges n’ont pas tous la même dimension. Ils existent en trois tailles différentes, afin d’offrir un meilleur confort et de s’adapter aux morphologies des sénateurs. Ceux-ci sont parfois amenés à siéger durant de longues heures. Une attention presque invisible pour le visiteur, mais révélatrice d’un palais qui reste avant tout un lieu de travail.

Peu de visiteurs le remarquent : les fauteuils existent en trois tailles différentes afin de s’adapter à la morphologie des sénateurs.

Les pupitres conservent la mémoire des grandes figures du Sénat grâce à des médaillons dédiés ici à Victor Hugo et Georges Clemenceau.
La galerie des Bustes, le couloir de l’histoire
En quittant l’hémicycle, les visiteurs empruntent la galerie des Bustes. Bordée de 32 sculptures en marbre représentant de grandes figures politiques, républicaines et intellectuelles, elle constitue bien davantage qu’un simple passage. Avant chaque première séance, le président du Sénat la traverse solennellement. Il est alors entouré de la Garde républicaine, pour rejoindre l’hémicycle. Une tradition qui rappelle combien le cérémonial républicain demeure vivant au palais du Luxembourg.

Avant chaque première séance, le président du Sénat traverse cette galerie, entouré de la Garde républicaine, pour rejoindre l’hémicycle.
La bibliothèque, mémoire vivante du Sénat
Après l’annexe, nous entrons dans LA bibliothèque. Le silence s’installe naturellement. Les rayonnages de bois, la longue galerie et les échelles d’accès aux ouvrages composent un décor spectaculaire. Mais ici encore, le regard est irrésistiblement attiré vers le plafond.
La coupole peinte par Eugène Delacroix entre 1840 et 1846 est l’un des chefs-d’œuvre du palais. Inspirée du quatrième chant de L’Enfer, dans La Divine Comédie de Dante, elle met en scène les grands penseurs de l’Antiquité. Fidèle à son goût pour les clins d’œil, Delacroix aurait prêté les traits de son ami Frédéric Chopin à Dante. Tandis qu’Aspasie évoque George Sand. Un détail que peu de visiteurs remarquent au premier regard.
Mais la bibliothèque ne se résume pas à cette fresque magistrale. Elle constitue la mémoire du Sénat. Réparties entre la bibliothèque historique, son annexe et les réserves, les collections représentent près de 13 kilomètres de rayonnages.

Dominée par la coupole peinte par Eugène Delacroix, la bibliothèque constitue le joyau artistique du palais du Luxembourg.

Inspirée de La Divine Comédie de Dante, la fresque monumentale cache un clin d’œil.

Le peintre aurait donné à Dante les traits de son ami Frédéric Chopin,

Aspasie aurait été inspirée par George Sand.
Un portail en ligne
Des centaines de milliers d’ouvrages, des manuscrits, des estampes, des cartes et des documents rares y sont conservés.
Cette mémoire ne cesse d’ailleurs de s’ouvrir au public. Depuis 2025, le portail Mémoire du Sénat permet de consulter gratuitement des milliers de documents numérisés. Plus de 5 000 notices biographiques de parlementaires depuis 1795, les procès-verbaux des commissions. Mais aussi les dossiers d’élections de la IIIᵉ République, les trésors de la bibliothèque… Ainsi que de nombreuses ressources consacrées à l’histoire du palais et du jardin du Luxembourg. Une rubrique pédagogique est même destinée aux enseignants et à leurs élèves.
On comprend alors que cette bibliothèque ne conserve pas seulement des livres. Elle préserve la mémoire parlementaire de la France tout en la mettant à la disposition de tous.

Bibliothèque historique, annexe et réserves représentent près de 13 kilomètres de collections. Une mémoire documentaire toujours utilisée par les sénateurs et les chercheurs.

Présentation d’une gravure coloriée représentant le portique du Grand Temple de Philae, issue de l’ouvrage : La Description de l’Egypte.
Le Sénat au quotidien
La visite se poursuit par quelques lieux plus confidentiels. Le bar du Sénat, où se croisent élus et collaborateurs, offre une pause bienvenue. Plus loin, plusieurs bustes de Marianne rappellent les différentes représentations de la République au fil des époques. Dans la boutique, une anecdote évoque la célèbre “Journée des Dupes”, épisode décisif du règne de Louis XIII au cours duquel le cardinal de Richelieu conserva finalement la confiance du roi.
Quelques mètres plus loin, changement complet de décor. La salle de conférences de presse tranche avec les ors et les boiseries des salons historiques. Équipements audiovisuels, écrans, espaces de travail… tout rappelle que le Sénat est aussi un lieu où l’information se fabrique au quotidien. En quelques pas, le visiteur passe ainsi du XVIIᵉ siècle au XXIᵉ.

Le bar du palais est un lieu de rencontre où les discussions se poursuivent souvent autour d’un café.

Les espaces de convivialité du Sénat abritent eux aussi d’importantes œuvres picturales, comme cette scène inspirée des jardins du Luxembourg, qui prolonge le dialogue permanent entre patrimoine et vie quotidienne.

Réunies dans le palais du Luxembourg, plusieurs interprétations de Marianne illustrent l’évolution de cette figure emblématique de la République, entre tradition et création contemporaine.

Entre patrimoine et modernité, la salle de presse rappelle que le Sénat est aussi un lieu où se fabrique quotidiennement l’information politique.
L’escalier d’honneur, une entrée en majesté
Avant de retrouver les jardins du Luxembourg, les visiteurs empruntent l’escalier d’honneur, ultime étape de cette découverte du palais. Il a été construit entre 1800 et 1803 par l’architecte de l’Arc de Triomphe, Jean-François-Thérèse Chalgrin. Et fut conçu pour offrir au Sénat conservateur une entrée digne du prestige de l’institution. Plus de deux siècles plus tard, il conserve toute sa majesté.
Le regard remonte naturellement vers la voûte en berceau, décorée de caissons et de rosaces. Au-dessus des portes, des bas-reliefs représentent des Victoires. Tandis que les murs sont habillés de dix magnifiques verdures, dont les tonalités végétales adoucissent l’imposante architecture de pierre.

La porte vers l’escalier d’honneur.

Construit par Chalgrin au début du XIXᵉ siècle, l’escalier d’honneur constitue la dernière grande mise en scène du palais avant de retrouver les jardins du Luxembourg.
Tapis rouge !
Impossible également de manquer le long tapis rouge qui accompagne la descente. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas d’origine. Installé en 1958, il reprend les motifs décoratifs de la voûte afin de s’intégrer parfaitement à l’ensemble imaginé par Chalgrin. Au fil des marches, difficile de ne pas repenser aux salles traversées. Derrière chacune des portes franchies se cachait une nouvelle histoire, un personnage, une œuvre ou une anecdote.
Quelques instants plus tard, les portes s’ouvrent sur les jardins du Luxembourg. Le tumulte parisien reprend ses droits.

Le tapis rouge offre une vue différente selon la disposition du visiteur.
Un palais qui continue de vivre
La visite s’achève dans les jardins du Luxembourg. À l’extérieur, les façades retrouvent toute leur majesté. Les promeneurs profitent des allées, les enfants nourrissent les canards sur le bassin central. Tandis que le palais semble veiller paisiblement sur ce décor familier des Parisiens.
Au fil de cette découverte, une évidence s’est imposée. Le palais du Luxembourg ne se visite pas seulement. Il s’observe. Il faut prendre le temps de lever les yeux vers une fresque, de s’arrêter devant un buste. De remarquer un médaillon sur un pupitre, d’ouvrir une nouvelle porte… Car derrière chacune d’elles se cache un nouveau chapitre de l’histoire de France.
Et c’est sans doute ce qui rend cette visite si particulière : le palais du Luxembourg n’est pas seulement un monument remarquable. C’est un patrimoine vivant, qui continue chaque jour d’accompagner la vie démocratique de notre pays.

Après la visite, les jardins offrent une respiration bienvenue. Un écrin de verdure imaginé, lui aussi, à l’époque de Marie de Médicis.
Les Journées européennes du Patrimoine, un rendez-vous avec notre histoire
Chaque année, les Journées européennes du Patrimoine (19-20 septembre) invitent le public à franchir les portes de lieux habituellement fermés ou rarement accessibles. Palais officiels, ministères, hôtels particuliers, ateliers d’artisans, sites industriels, théâtres ou jardins historiques. Une occasion unique de découvrir les coulisses de monuments prestigieux, mais aussi de nombreux trésors souvent méconnus.
Le palais du Luxembourg figure parmi les très visités de cette manifestation nationale. Plus de 20 000 personnes sont venues le visiter en 2025. Mais il n’est qu’une étape parmi plusieurs milliers de lieux ouverts partout en France. Une belle invitation à pousser une porte, à lever les yeux… et à porter un regard nouveau sur un patrimoine qui fait partie de notre quotidien.

L’affiche des Journées du Patrimoine sur la grille du Jardin du Luxembourg.
Pour en savoir plus
Découvrez le Palais du Luxembourg du samedi 19 au dimanche 20 septembre 2026, de 9h à 19h30, sans interruption.
Conditions d’entrée : accès libre, aucune réservation.
Horaires : samedi et dimanche, de 9h à 19h30.
Dernière entrée dans la file d’attente Porte Odéon à 17h et dernière entrée dans le Palais du Luxembourg à 18h. Fin de la visite à 19h30.
Adresse : Sénat – Palais du Luxembourg – Paris 6e arrondissement.
Entrée : Porte Odéon, place Paul Claudel.
https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/evenements-et-manifestations-culturelles/journees-europeennes-du-patrimoine-2026.html
Photos : Caroline Paux
A lire aussi sur le Site Dynamic Seniors : https://dynamic-seniors.eu/paris-rome-une-amitie-historique-bi-millenaire/










Comments are off this post!