Juste de l’autre côté de la frontière, voici le Jura suisse, autour de Neuchâtel. De la ville à la montagne en passant par les montres et l’absinthe, il présente bien des facettes. Aussi plaisantes qu’intéressantes.
Petit tour d’horizon du Jura suisse : une région très séduisante, francophone qui plus est, si proche et pourtant si dépaysante.
Le Jura suisse
La riche ville de Neuchâtel
Étonnante, cette profusion de grandes demeures, d’hôtels particuliers dans une si petite ville. Neuchâtel respire l’opulence et, visiblement, depuis fort longtemps. Il est agréable d’y musarder, le nez en l’air. Neuchâtel offre un visage très avenant au bord de son lac.
Justement, la découverte de Neuchâtel commence devant ce grand lac. Sur l’autre rive, les Alpes, encore enneigées en cette mi-avril, étalent leur majesté. Les sommets mythiques se distinguent aisément. A une extrémité, le Mont Blanc. De l’autre, l’Eiger, le Mönch et la Jungfrau en passant par les Dents du Midi. Joli ! Et, de ce côté-ci, voiliers et petits yachts se balancent dans le port de plaisance. Quelques navires à peine plus imposants attendent l’été pour reprendre traversées et courtes croisières. Ceinturant les eaux calmes, des cabanons multicolores. Eux aussi vont s’animer à la belle saison. Aussi exigus sont-ils, certains vont même devenir des… comptoirs de bar !

Le magnifique hôtel DuPeyrou, un restaurant gastronomique.

Les cabanons du port.

La passerelle de l’Utopie.

Le port.
Le majestueux château de Neuchâtel
A deux pas de là s’ouvre le centre historique, entièrement piéton et depuis longtemps. En cela, Neuchâtel fut d’ailleurs l’une des pionnières en Suisse. Juché sur une colline, majestueux et monumental, le majestueux château domine la ville. Il constitue un repère aisé. Construit à partir du XIIe s, il a été plusieurs fois remanié et agrandi. Mais, depuis 1250 et sans interruption, il abrite le gouvernement cantonal.
Pour s’y rendre, on traverse quelques places animées où les terrasses de café sont bondées. A commencer par la charmante place des Halles, bordées de belles façades du XVIIIe. A son extrémité trône la magnifique Maison des Halles, richement ornementée dans le style Renaissance, du XVIe. Elle abritait le marché des grains et des draps. On longe des rues pavées qui se fraient un chemin entre de hautes et anciennes maisons pour grimper vers la citadelle.

Des terrasses bondée

La tour de Diesse.

Le château médiéval.

L’horloge qui était offerte par la ville aux habitants pour leur 80e anniversaire.
La collégiale attire les regards
En haut, devant le portail du château, la collégiale de Neuchâtel attire elle aussi les regards. D’autant plus qu’elle vient de bénéficier de très importants travaux de rénovation, menés pendant près de 20 ans. Ils mettent notamment en valeur ses absides, de style roman, qui frappent par leur beauté. Sur l’un des flancs de l’église, le beau cloître, qui comporte lui aussi des arcades de style roman. Il respire la sérénité.
A l’intérieur, la nef est particulièrement lumineuse. La voûte a retrouvé son éclat d’origine : un bleu éblouissant qui met en valeur les quelque mille étoiles en feuilles d’or dont elle est parsemée. L’édifice abrite l’une des plus grandes richesses de Neuchâtel : le monument des comtes et comtesses de Neuchâtel, qui date de 1372. Un ensemble en pierre, sculpté et peint, entouré d’autres œuvres d’art majeures du Moyen-Age. Franchement admirable !

Le cloître de la collégiale

La nef.

Le monument des comtes et comtesses de Neuchâtel.
Les incroyables automates Jacquet-Droz
Face à leur public, voici la Musicienne, avec à ses côtés le Dessinateur et l’Écrivain. Ce sont les incroyables automates créés par des horlogers de la Chaux-de-Fonds, les Jacquet-Droz, entre 1768 et 1774. De vrais personnages, captivants.
La musicienne joue réellement de son instrument, un petit orgue à flûtes. Ce n’est pas une boîte à musique. Elle donne une impression de vie, bougeant légèrement la tête, battant des cils, soulevant sa poitrine pour respirer. Le second exécute des dessins, un petit chien par exemple, avec les ombres portées et en prime la mention « mon toutou ». Il peut en réaliser cinq, fait 300 mouvements différents. L’Écrivain est l’automate le plus complexe. Il trempe sa plume d’oie dans l’encrier, la secoue d’un petit mouvement sec, et peut calligraphier de longs textes.
250 ans après leur création, ces automates, maintenant en démonstration à Neuchâtel, sont toujours aussi beaux et impressionnants.

De vrais personnages.

L’Ecrivain.

Une mécanique incroyable.
Un voyage dans le temps au Latenium
Dans un site idyllique, au bord du lac, le Latenium constitue un passionnant voyage dans le temps. Ce musée, le plus grand du canton, ouvre des horizons incroyables depuis le Néolithique jusqu’au Moyen Age. Dans le grand parc qui ceinture le beau bâtiment, le visiteur est accueilli par un dolmen mis au jour dans les environs à la fin du XIXe. En face, la reconstitution d’un palafitte, une maison bâtie sur pilotis sur les rives. Des vestiges de la civilisation palafittique, qui s’étend du Néolithique jusqu’à l’Age de Bronze, il y en a quantité dans la région. Ce qui lui vaut d’ailleurs l’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco, depuis 2011.
Le Laténium en est particulièrement riche. En fait, il s’intéresse à une période encore plus large, et sait la présenter et la raconter de manière très vivante. Ses collections rassemblent un demi-million d’objets, du silex préhistorique au chaland romain !

La reconstitution d’un palafitte.

Plus de 500 000 objets.
L’absinthe, fée ou sorcière ?
Verlaine et Rimbaud ont célébré l’absinthe, la « fée verte ». Et en ont abusé ! Cette eau-de-vie à base de plantes comme l’armoise et l’anis est née ici, dans le Val de Travers, dans le Jura suisse.
Ce n’est donc que justice si elle accueille la Maison de l’Absinthe, dans le joli village de Môtiers pour présenter l’histoire de cette boisson à la réputation sulfureuse. Un certain Henri-Louis Pernod la commercialise de manière industrielle au début du XIXe, elle se répandra dans le monde entier. Avant d’être interdite presque partout en Europe, accusée de tous les maux.
Mais l’absinthe n’est pas cette boisson maudite que l’on croit ! Elle sera à nouveau autorisée au début des années 2000. Hasard de l’Histoire, la Maison de l’absinthe se trouve dans un bâtiment qui fut aussi un tribunal. Où ont été jugés pas mal de distillateurs clandestins dans les périodes noires…

La maison de l’Absinthe.

L’absinthe est née dans le Val de Travers.

Cet alcool s’est imposé partout.

Quantité de distillateurs.

L’armoise pousse aussi ici.
Le vertigineux Creux du Van
Dans les montagnes du Jura suisse se trouve un endroit particulièrement impressionnant : le Creux du Van. C’est un cirque rocheux qui se déploie sur près d’un km et demi de large, plonge de 200 m dans le Val-de-Travers. Ses falaises abruptes sont vertigineuses. Quelle belle balade ! Marcher sur ces sentiers qui longent le vide procure en effet quelques petits frissons.
D’en haut, le regard porte loin : la région est magnifique. Le Creux du Van se trouve en effet au cœur d’une petite réserve naturelle, sur les flancs du mont Soliat, à 1 464 m. D’ailleurs, on croise des bouquetins en nombre. Introduits ici dans les années 60, ils ne sont vraiment pas farouches. Avec un peu de chance, on peut aussi admirer chamois et chevreuils. Ou même l’un des aigles royaux qui nichent dans les falaises.

Un endroit impressionnant.

Les bouquetins se laissent approcher.

Le Creux du Van plonge dans le Val de Travers.
La Chaux-de-Fonds, cité horlogère
Les rues, rectilignes, s’étirent loin sur ce plateau du Jura suisse situé à quelque 1 000 m. Les immeubles ont tous un air de famille. Sagement alignés, tous présentent une multitude de fenêtres, pour laisser entrer la lumière dans les petits ateliers familiaux, jusque sous les toits : la Chaux-de-Fonds. Une ville entièrement pensée par et pour l’industrie horlogère, ce dès les années 1830-1840. Déjà à cette époque, on manufacturait partout des pièces de montres.
En 1900, par exemple, pas moins de 55 % des montres vendues dans le monde étaient produits à la Chaux-de-Fonds ! Aujourd’hui encore, la ville, qui compte près de 40 000 ha, reste la capitale incontestée de l’horlogerie suisse. Breitling, TAG-Heuer, c’est ici. Mais, avant de rêver devant les vitrines, la Chaux-de-Fonds est franchement intéressante à découvrir. Et d’apprendre comment y naît, depuis plus de 300 ans, une grande part de la richesse suisse.

Une ville conçue pour l’industriel horlogère.

Des objets prestigieux et très coûteux à produire.
Renseignements pratiques
Le site de l’office de tourisme de Jura-3 Lacs regorge de renseignements pratiques et de bons plans, notamment d’idées de sortie.
A noter que chaque nuitée dans le canton de Neuchâtel et ses environs, donne droit à la carte à la Neuchâtel Tourist Card. Une carte magique et particulièrement appréciable puisqu’elle offre notamment la gratuité des transports en commun (bus mais aussi trains régionaux), des musées et même la location de vélos !
Cette carte est envoyée à chaque personne, adulte et enfant, séjournant au minimum une nuit dans un établissement hôtelier ou para-hôtelier (camping, chambre d’hôtes, appartement & maison de vacances et hébergement collectif) du canton de Neuchâtel.
Où dormir, où manger ?
A Neuchâtel
L’hôtel Beaulac (4*) jouit d’une situation enviable : juste à côté du petit port de plaisance, face au lac, à deux pas du centre piéton. C’est un établissement moderne, particulièrement confortable. Son restaurant, qui comporte notamment une belle terrasse sur l’eau, n’est pas en reste. Sa cuisine est savoureuse !
En plein centre-ville, dans la zone piétonne, la brasserie Cardinal est un établissement historique, dans une maison du XVIIIe. Aux murs, une belle déco Art nouveau avec de magnifiques carreaux Belle Époque présentant des châteaux de contes de fée, des paons et des oiseaux multicolores. Sur le comptoir un distributeur d’absinthe, un vrai. Et, dans les assiettes, une cuisine traditionnelle ou inspirée des brasseries parisiennes.

L’hôtel Beaulac à Neuchâtel.

Une chambre.

Le beau décor de la brasserie Cardinal à Neuchâtel.
A Môtiers
Dans le Val-de-Travers, le restaurant Des Six-Communes vaut le détour. D’abord parce qu’il est très beau : un vieux et harmonieux bâtiment, construit la fin du XVIe s qui servit tour à tour de halles, d’auberge, même de tribunal. Et surtout pour sa table, bien sûr. Elle lui vaut d’être remarquée dans le guide Gault&Millau. Des plats du terroirs, d’autres plus contemporains et plus audacieux, le tout avec des produits frais cuisinés sur place. Les amateurs apprécieront encore la vinothèque, au rez-de-chaussée, particulièrement bien fournie.

Le restaurant des Six-Communes.
A Couvet
Toujours dans le Val-de-Travers, l’hôtel de l’Aigle (3*) est un ancien relais de poste, construit en 1786. L’accueil est cordial, ses chambres sont grandes et confortables. Sa table est particulièrement réputée, et on vient de toute la région pour goûter ses plats. Une bonne adresse.

L’hôtel de l’Aigle.

Des chambres spacieuses.
A la Chaux-de-Fonds
La Brasserie de l’Hôtel de ville se trouve en plein cœur de la cité horlogère. Dans un décor élégant, une cuisine raffinée.
Le Jura Suisse : Activités
Les automates Jacquet-Droz sont visibles au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel.
Le Latenium se trouve à Hauterive, à quelques encâblures de Neuchâtel, facilement accessible en bus. Ce musée a obtenu le Prix du musée du Conseil de l’Europe, une distinction rare et recherchée, synonyme de qualité.
La Maison de l’Absinthe, à Môtiers, est un centre d’interprétation, non un musée. La visite des lieux, qui comportent aussi un agréable jardin et une cuisine où se déroulent des ateliers culinaires, peut se terminer par une dégustation. Il faut savoir que chaque distillateur a sa propre recette d’absinthe, dont la teneur en alcool varie entre 53 et 72°. Tous les distillateurs du Val-de-Travers sont représentés à la boutique.
A la Chaux-de-Fonds, l’Espace de l’Urbanisme horloger est une introduction parfaite, voire indispensable, à la découverte de la ville, de son architecture.
Un bon tuyau
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Photos : Bernard Frantz
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