Jean Zay, l’homme complet

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Jean Zay, l’homme complet

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1940. Après un simulacre de procès, Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, radical de gauche, franc-maçon et cible des antisémites, est condamné par le gouvernement de Pétain à la déportation.

Finalement incarcéré à la prison de Riom, il sera assassiné par la milice française, le 20 juin 1944. Le témoignage que Jean Zay écrit en prison, nous offre un éclairage précieux sur les années 1930. Il dévoile aussi son action visionnaire et son tragique destin. En effet, il fut celui qui a lutté contre l’anéantissement moral. Une formidable leçon de présence au monde.

Qui est Jean Zay ?

Né à Orléans en 1904, Jean Zay y est élu député radical-socialiste en 1932. Figure emblématique du Front Populaire, il devient Sous-secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil en janvier 1936. Puis, la même année,  il est appelé par Léon Blum pour devenir ministre de l’Education Nationale. Il n’a pas encore 32 ans et conservera ce poste jusqu’à la guerre. Ensuite, il démissionnera pour porter l’uniforme.

Jean ZAY - un visionnaire talentueux.

un visionnaire talentueux.

Un homme talentueux

Il réforme l’enseignement dans ses structures, comme dans sa pédagogie (activités dirigées). Puis il prolonge jusqu’à l’âge de14 ans l’obligation scolaire. Mieux, il dédouble les classes au-delà de 35 élèves, crée le CNRS et jette les bases de l’ENA. Chargé aussi des Beaux-Arts, il crée la Réunion des Théâtres Nationaux, le Musée de l’Homme, le Musée d’Art moderne et celui des Arts et Traditions Populaires. Ensuite, il développe la lecture publique, favorise le théâtre populaire et prépare le premier Festival de Cannes. Créatif, il invente les bibliobus et propose un projet de loi sur les droits d’auteurs. Passionné, il soutient la recherche scientifique, pérennise le Palais de la Découverte et organise l’Exposition universelle de 1937. Il incarne tout ce que Vichy déteste : le Front Populaire, les Juifs, la Franc-maçonnerie, la République radicale, l’enseignement public, la résistance à Hitler.

Une fin tragique

En juin 1940, il fait partie des parlementaires qui embarquent sur le Massilia. Le but, constituer un gouvernement en exil en Afrique du Nord. Malheureusement, ils sont arrêtés au Maroc puis condamnés par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand au mépris de toute vérité pour « désertion en présence de l’ennemi ». Si son ami Pierre Mendès France parvient à s’enfuir, Jean Zay est transféré à Marseille. Ensuite, il est emprisonné à Riom pendant quatre ans. Puis enlevé par la milice et assassiné à Cusset* le 20 juin 1944. Il a 39 ans. En prison, il tient un journal**. En dépit de la dureté de ses conditions de détention, il consacre l’essentiel de ses forces à cet ouvrage***. Bien qu’emplie de pudeur, de la vie quotidienne d’un prisonnier, Jean Zay porte un regard sur son action passée et sur la situation de la France à l’époque.

*dans un bois de l’Allier.
** « Souvenirs et solitude »
*** qu’il comptait publier plus tard.
Jean ZAY - un visionnaire talentueux.

Un homme exceptionnel.

Un ouvrage exceptionnel

Ce livre est à la fois homme politique, résistant, écrivain et penseur d’une immense culture. Un document d’une grande valeur historique bien sûr mais aussi un livre essentiel pour la qualité de sa langue, sa sensibilité, son intelligence aiguë et son message humaniste.

Une pièce émouvante et passionnante

Michel Cochet et Xavier Béja ont veillé à ce que rien ne soit surjouer, ni dramatisé. Le personnage de Jean Zay se dessine en creux. Aucune démonstration de souffrance, aucune prise en otage émotionnelle, aucun présupposé tragique. En effet, il s’agit d’une vraie dynamique de jeu. L’incarnation d’un homme tentant coûte que coûte de rester « complet », ce qui n’exclut en rien la joie, la colère et l’humour.
La scène est conçue comme un espace de circulation entre présent et souvenirs, entre l’intimité du ici et maintenant et l’éparpillement de l’Histoire.
Pas de représentation réaliste d’une cellule, pas de héros pleurant sur sa misère au fond d’un cachot, mais le voyage d’une conscience, incarnée, amie, présente.

Dans cet espace mouvant, des montages d’images, notamment d’archives – ayant fait l’objet d’un travail
de création vidéo – dialoguent avec l’acteur, comme convoqués par les démons ou par la fantaisie de celui
qui nous parle.

A savoir

Une attention particulière a été également portée au corps, placé au juste endroit de la pensée et incarnant les différentes étapes de la captivité. En toute sobriété.

un visionnaire talentueux.

Une magnifique interprétation.

Infos pratiques

Jean Zay, l’homme complet
Adaptation et jeu : Xavier Béja
Mise en scène : Michel Cochet
Théâtre Essaïon
Tous les mardis du 6 octobre au 16 février 2027 à 19h
Réservations : 06 11 28 25 42
Durée : 1h15
Tarifs : 25€ tarif plein – 18€ tarif réduit
Théâtre Essaïon
6 rue Pierre au Lard
75004 Paris
Site de la Compagnie : https://www.theatreenfusion.com

Crédits Photos : David Ruellan

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